Virus de l’hiver et personnes âgées : protéger sans isoler

Virus de l’hiver et personnes âgées : comment les protéger sans les isoler ?

À l’automne et en hiver, la grippe, la Covid-19 et le virus respiratoire syncytial circulent davantage. Chez certaines personnes âgées, ces infections peuvent entraîner des complications, particulièrement en présence d’une maladie chronique ou d’une fragilité. Les vaccins recommandés, les gestes de prévention et une attention rapide aux symptômes permettent de mieux se préparer. Et si la maladie impose de reporter des visites, il reste possible de garder le contact.
Lors de la saison 2025-2026, Santé publique France a observé une activité des infections respiratoires principalement concentrée entre novembre et février, avec une forte pression hospitalière liée notamment à la grippe. Le calendrier et l’intensité des épidémies varient toutefois d’une année à l’autre [1].

Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus vulnérables aux virus ?

Le système immunitaire change avec l’âge

En vieillissant, les défenses de l’organisme évoluent. Elles peuvent répondre moins efficacement à certaines infections. Cette évolution ne signifie pas que chaque personne âgée tombera gravement malade : l’état de santé général, les antécédents et l’environnement comptent aussi.

Les maladies chroniques augmentent parfois le risque de complications

Une maladie cardiaque ou respiratoire, un diabète ou une diminution des défenses immunitaires peuvent compliquer l’évolution d’une infection respiratoire. La grippe, par exemple, peut être plus sévère chez les personnes âgées ou vivant avec certaines maladies chroniques [2]. Il est utile de faire le point avec son médecin ou son pharmacien avant la saison hivernale.

Une infection peut bouleverser le quotidien

Fièvre, toux, fatigue importante et perte d’appétit peuvent réduire temporairement l’autonomie. Chez une personne fragile, une aggravation ou un essoufflement justifie un avis médical. Une difficulté importante à respirer ou des troubles de la vigilance nécessitent un appel aux secours [3].

Quels virus surveiller pendant l’automne et l’hiver ?

La grippe, une infection à ne pas banaliser

La grippe se transmet par les sécrétions respiratoires et peut provoquer une fièvre, une toux, des douleurs musculaires et une grande fatigue. Chez les personnes âgées, elle peut entraîner des complications respiratoires ou aggraver une maladie existante [2]. Une « petite grippe » ressentie au début peut donc nécessiter une vigilance accrue si l’état de santé se dégrade.

La Covid-19 reste présente

La Covid-19 continue de circuler, même si son intensité varie selon les périodes. Ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres infections respiratoires [2]. Les personnes âgées et celles présentant des facteurs de risque peuvent vérifier avec un professionnel de santé si leur vaccination est à jour et demander conseil en cas de symptômes [4].

Le virus respiratoire syncytial concerne aussi les adultes âgés

Souvent associé à la bronchiolite des nourrissons, le virus respiratoire syncytial peut également provoquer une infection respiratoire chez les adultes âgés. Le risque de forme sévère augmente avec l’âge et certaines maladies cardiaques ou respiratoires. Une vaccination est recommandée dans certaines situations ; un professionnel de santé peut préciser si elle concerne la personne accompagnée [5].

Comment protéger une personne âgée des virus ?

Faire le point sur les vaccinations recommandées

En 2026, les recommandations pour les personnes âgées sont les suivantes :

  • Grippe : la vaccination est recommandée à partir de 65 ans. Le vaccin est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie ; l’injection est remboursée selon les conditions habituelles et peut laisser une part à payer.
  • Covid-19 : la vaccination est recommandée chaque automne à partir de 65 ans. Une dose supplémentaire au printemps est recommandée à partir de 80 ans, ainsi qu’à certaines personnes particulièrement fragiles.
  • Virus respiratoire syncytial (VRS) : la vaccination est recommandée à partir de 75 ans, ou dès 65 ans en cas de maladie respiratoire ou cardiaque chronique. À ce jour, le vaccin destiné aux personnes âgées n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.

Se vacciner, c’est se protéger soi-même. Pour la grippe, la vaccination de l’entourage peut aussi contribuer à protéger les personnes fragiles en limitant les occasions de transmission. Elle complète les gestes de prévention, sans garantir l’absence de contagion. Les recommandations et les prises en charge peuvent évoluer : un médecin ou un pharmacien peut vérifier la situation de chacun.

Adopter les gestes de prévention au quotidien

Se laver régulièrement les mains, aérer les pièces et porter un masque lorsque l’on présente des symptômes respiratoires contribuent à limiter les transmissions. Ces gestes restent utiles même lorsque la personne est vaccinée [6]. Dans une famille, ils concernent aussi les visiteurs et les proches qui entourent la personne âgée.

Reporter une visite lorsqu’on est malade

Une toux ou de la fièvre peut conduire à différer la visite à un parent fragile. Il est alors possible de l’appeler, de convenir d’un nouveau rendez-vous ou de demander à un proche en bonne santé de passer, en respectant les conseils sanitaires. La maladie d’un visiteur ne doit pas supprimer tout échange avec la personne âgée.

Savoir quand demander un avis médical

Une personne âgée malade, surtout si elle a une maladie chronique, peut demander rapidement conseil à son médecin si ses symptômes s’aggravent, si elle boit trop peu ou si elle est essoufflée. En cas de difficulté majeure à respirer, de confusion soudaine ou de malaise, il faut appeler le 15 ou le 112 [3].

Ce que les crises sanitaires nous ont appris

Pendant la pandémie de Covid-19, les restrictions de déplacement et de visite ont changé les habitudes de nombreuses personnes âgées et de leurs familles. Les mesures sanitaires pouvaient être nécessaires, mais la réduction des contacts a parfois accentué la solitude [7].
Nous avons collectivement découvert une situation particulièrement complexe : comment protéger les plus fragiles d’un virus lorsque cette protection nécessite de réduire les contacts humains ?
L'expérience du Covid-19 nous a ainsi rappelé une évidence : protéger la santé physique d'une personne âgée ne devrait pas conduire à négliger son besoin de relations humaines.

Une visite annulée n'a pas les mêmes conséquences pour tout le monde

Pour une personne entourée quotidiennement, reporter une visite de quelques jours peut sembler anodin.

Pour une personne âgée qui vit seule, cette visite était peut-être le principal moment d'échange de sa semaine.

L'isolement ne commence donc pas nécessairement par une longue période de solitude. Il peut s'installer progressivement : une sortie supprimée parce qu'il fait mauvais, un proche malade qui ne vient pas, une fatigue qui incite à rester chez soi, puis des journées durant lesquelles les occasions de parler deviennent plus rares.

Mais reporter une visite ne signifie pas reporter le lien.

Remplacer le contact que l'on doit supprimer

Lorsque l'on ne peut pas rendre visite à son parent, il est possible de prévoir immédiatement un autre mode de contact : un appel téléphonique, une visioconférence lorsque la personne est à l'aise avec cet outil, un échange avec un autre membre de la famille ou encore la mobilisation d'un voisin ou d'une personne de confiance.

L'essentiel est d'éviter que la diminution temporaire des visites entraîne une rupture des échanges.

Le téléphone, un outil simple pour maintenir le lien à distance

Nous avons parfois tendance à chercher des solutions technologiques complexes alors qu'un outil extrêmement simple est déjà présent dans pratiquement tous les foyers : le téléphone.

Il ne nécessite ni déplacement, ni ordinateur, ni connexion à Internet. Il permet de maintenir une conversation lorsque la distance, la maladie ou une hospitalisation empêchent de se rencontrer.

De l'appel ponctuel au rendez-vous attendu

Un rendez-vous téléphonique régulier crée progressivement des habitudes. On se retrouve. On reprend une conversation commencée la semaine précédente. On demande des nouvelles d'un rendez-vous, d'un petit-enfant, d'une sortie prévue ou simplement de ce qui a occupé la journée.

Au fil du temps, la personne qui appelle connaît mieux celle qu'elle accompagne. La confiance s'installe et la conversation devient plus naturelle.

Le téléphone devient alors un outil de prévention lorsqu’il s’inscrit dans une relation humaine durable.

Installer des rendez-vous réguliers avant même d'en avoir besoin

Il est utile d'instaurer des habitudes de communication régulières indépendamment des périodes de crise car il est beaucoup plus facile de maintenir une relation existante pendant une période difficile que d'essayer de la créer dans l'urgence.

Malade à domicile ou hospitalisée : comment garder le lien ?

Une maladie peut se prolonger par une hospitalisation, puis un séjour en soins de suite et de réadaptation. Les lieux, les horaires et les repères changent. Un appel régulier, passé par une voix déjà connue, peut alors maintenir une conversation familière. Le téléphone permet cet échange sans visite physique et sans équipement numérique particulier.

À domicile, à l’hôpital, en soins de suite : nous sommes là

Écoute et Compagnie propose aux personnes âgées des rendez-vous téléphoniques réguliers avec une accompagnante dédiée. Lorsque la personne tombe malade, la relation peut se poursuivre : à domicile, nous sommes là ; à l’hôpital, nous sommes encore là ; en soins de suite, nous sommes toujours là, si son état et les conditions du lieu le permettent. Avec son accord, ses proches peuvent nous transmettre le numéro où la joindre. Les appels s’adaptent à sa situation et complètent les échanges avec sa famille, sans remplacer les soins.

Le témoignage de Bernadette, 86 ans

« Ma petite grippe s’est vite transformée en cauchemar. Heureusement, vous étiez là, au bout du fil, pour me soutenir et continuer à m’appeler. Un rayon de soleil pour moi. »

Ces mots de Bernadette illustrent l’intérêt d’une relation déjà installée lorsque la santé et les habitudes sont bousculées.

Virus de l’hiver : protéger la santé et préserver les échanges

L’automne et l’hiver rappellent chaque année la nécessité de protéger les personnes âgées contre les infections respiratoires.

Se protéger des virus repose d’abord sur des recommandations sanitaires adaptées à sa situation.

La pandémie de Covid-19 a également montré que la protection sanitaire doit tenir compte du besoin de relations humaines.

Prendre soin d’un proche âgé signifie aussi rester attentif à ce qui se passe lorsqu’une maladie réduit les visites. Un appel familial, un voisin de confiance ou un rendez-vous téléphonique régulier peuvent aider à maintenir le contact pendant cette période.

Écoute et Compagnie propose pour les personnes âgées des conversations suivies avec une accompagnante dédiée. Deux appels gratuits, sans engagement, permettent à la personne âgée de découvrir ce service et de vérifier s’il lui convient.

Questions fréquentes sur les virus de l’hiver chez les personnes âgées

Pourquoi les virus de l’hiver peuvent-ils être plus dangereux pour les personnes âgées ?

Avec l’âge, le système immunitaire évolue et certaines maladies chroniques augmentent le risque de complications lors d’une infection respiratoire. Ce risque varie d’une personne à l’autre : un professionnel de santé peut l’évaluer selon sa situation [2, 6].

Quels virus respiratoires surveiller chez une personne âgée en automne et en hiver ?

La grippe, la Covid-19 et le virus respiratoire syncytial font partie des infections surveillées par Santé publique France. La grippe et le virus respiratoire syncytial circulent souvent davantage en saison froide ; la Covid-19 peut aussi circuler à d’autres périodes de l’année [6].

La vaccination contre la grippe est-elle recommandée après 65 ans ?

Oui, la vaccination contre la grippe est recommandée aux personnes de 65 ans et plus. Un médecin ou un pharmacien peut également vérifier les recommandations concernant la Covid-19 et le virus respiratoire syncytial selon l’âge et l’état de santé [5].

Comment protéger un parent âgé lorsque l’on est soi-même malade ?

Lorsque l’on présente des symptômes respiratoires, il est préférable d’éviter les contacts rapprochés avec une personne fragile et de suivre les gestes de prévention recommandés. Reporter une visite n’empêche pas d’appeler son parent et d’organiser, si besoin, un autre relais [6].

Comment maintenir le lien avec une personne âgée malade ou hospitalisée ?

Un appel régulier peut maintenir un échange familier lorsque les visites sont réduites. Demandez d’abord à la personne et au service de soins quand elle peut recevoir un appel et quel numéro utiliser ; adaptez la durée de la conversation à son état et à ses souhaits.

Des appels réguliers peuvent-ils aider une personne âgée qui reçoit moins de visites ?

Des rendez-vous téléphoniques réguliers peuvent préserver des occasions de parler et maintenir une relation déjà connue. La famille peut s’organiser entre proches ; un accompagnement téléphonique dédié peut compléter ces échanges, y compris pendant une maladie ou une convalescence. Il ne remplace ni les visites, ni les soins, ni un service d’urgence.

par Caroline Meuclet | Publié le 26/09/2026