Aidants d’une personne âgée : comment accompagner sans s’épuiser ?

On ne devient pas aidant d’un seul coup. On glisse dans ce rôle, sans toujours le choisir.

Aidant familial : un mot qu’on n’ose pas toujours prononcer

En France, plus de 11 millions de personnes soutiennent régulièrement un proche en perte d’autonomie. Cela peut être un conjoint, un parent, un grand-parent. Pourtant, près de la moitié d’entre eux ne se reconnaissent pas comme aidants.

Ils se disent “fils de”, “épouse de”, “petite-fille de”. Parce qu’ils “font ce qu’il faut”. Parce que “c’est normal”. Ce qu’ils ne disent pas, c’est la vigilance constante, l’organisation autour des soins, l’inquiétude dès qu’ils quittent le domicile.

L’aidance ne commence pas d’un seul coup. Elle s’installe. Elle glisse dans la vie jusqu’à s’y imposer entièrement.

Deux réalités d’aidants : maladie ou perte d’autonomie

Il est important de distinguer deux grands profils :

  • Ceux qui accompagnent un proche atteint d’une maladie chronique ou évolutive
  • Et ceux qui accompagnent une personne âgée en perte d’autonomie progressive.

Cet article se concentre sur cette seconde réalité, souvent plus diffuse, moins visible, mais tout aussi exigeante. L’aidance n’y est pas structurée par un protocole médical clair, mais par une accumulation de petites pertes, de gestes qu’il faut désormais faire à la place de l’autre.

Un portrait type, mais des vécus très différents

D’après l’enquête menée par la Fondation April (2023) :

  • 58 % des aidants sont des femmes
  • 55 % ont entre 50 et 64 ans
  • 83 % accompagnent un membre de leur famille
  • 67 % soutiennent une personne âgée

Dans de nombreux cas, cette aide s’exerce en parallèle d’un emploi, de la gestion d’une famille, et souvent sans réel soutien extérieur.

Mais ce qui rend l’expérience unique, c’est aussi la place que chacun occupe dans sa famille : l’aîné, le plus proche géographiquement, celui ou celle “qui sait mieux s’y prendre”… Autant de critères implicites qui désignent l’aidant “naturel” — parfois sans que les autres membres de la fratrie en aient pleinement conscience.

Devenir le parent de son parent : un basculement silencieux

L’un des bouleversements majeurs vécus par les aidants est le renversement des rôles.
L’enfant devient celui qui organise, qui surveille, qui rassure. Il prend en charge la toilette, les repas, les prises de médicaments, la coordination des soins, parfois même les décisions médicales.

👉 Il devient, peu à peu, le parent de son parent.

Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une évolution “naturelle”. Elle génère de la confusion identitaire, du stress, une charge émotionnelle intense — surtout lorsqu’aucune reconnaissance sociale ou professionnelle ne vient valider ce rôle.

Aider seul, sans être formé, est-ce bien raisonnable ?

On entend souvent : “Je ne veux pas demander d’aide, je dois pouvoir y arriver.”

Pourtant, lorsqu’un enfant a des difficultés en mathématiques, un parent fait appel à un professeur particulier, sans que cela remette en question sa légitimité.

Pourquoi cela devrait-il être différent pour un parent âgé en perte d’autonomie ?
Pourquoi l’aidant devrait-il savoir gérer un traitement médical, comprendre une perte cognitive, soutenir moralement une personne déprimée, organiser des services à domicile — le tout sans formation ni soutien ?

💬 “Aider, ce n’est pas forcément savoir faire seul. Ce n’est pas une question d’amour, c’est une question de compétences et de relais.”

Culpabilité, fratrie et tensions invisibles

Ce rôle d’aidant est aussi traversé de contradictions émotionnelles.

Il y a la culpabilité de ne pas faire assez. Ou de faire à la place des autres. Ou encore, de se sentir soulagé à l’idée qu’un établissement puisse prendre le relais — même si ce n’est pas envisagé sérieusement.

Et puis, il y a la fratrie.

Dans beaucoup de familles, l’aidant principal est celui qui vit le plus près, ou qui a “plus de temps”, ou simplement celui qui n’a pas dit non.
Ce choix par défaut crée des tensions : sentiment d’abandon, injustices, dialogues rompus. Chacun projette ses attentes, ses peurs, ses jugements.

Cette absence de régulation au sein de la famille est l’une des causes les plus fréquentes d’épuisement psychologique chez les aidants.

Une diversité de profils, des besoins variés

Le Livre blanc de la Silver Valley (2023) propose une typologie utile pour mieux comprendre les aidants :

  • L’aidant pivot, qui coordonne les intervenants, les soins, les démarches
  • L’aidant quotidien, très impliqué dans les actes de la vie courante
  • L’aidant à distance, qui vit loin mais s’investit autrement
  • L’aidant en saturation, qui n’arrive plus à faire face

Chaque profil appelle des soutiens adaptés. Et tous ont en commun le besoin d’être reconnus dans leur rôle.

Les effets sur la santé : une réalité documentée

L’engagement dans l’aidance a un coût :

  • 70 % des aidants déclarent un impact sur leur vie personnelle
  • 49 % sur leur santé mentale
  • 41 % sur leur emploi
  • Et une part significative évoque un isolement social progressif

(Source : Fondation April, 2023)

À cela s’ajoute un risque rarement évoqué : la mise en danger involontaire de la personne aidée, lorsque l’aidant, par fatigue, manque de formation ou saturation, n’est plus en capacité d’agir correctement.

Le maintien à domicile : une solution, mais à quel prix ?

La grande majorité des aidants fait le choix de maintenir le proche âgé à domicile. Ce choix est souvent motivé par l’envie de respecter ses souhaits, de préserver son cadre de vie, mais aussi – parfois – par l’absence de solutions perçues comme acceptables.

Trois facteurs principaux expliquent ce maintien :

  • Le coût élevé des établissements spécialisés, difficilement supportable pour de nombreuses familles (entre 2 000 et 4 000 €/mois en moyenne).
  • La défiance vis-à-vis de certaines structures, alimentée par des scandales récents
  • Le désir de rester acteur de la prise en charge, plutôt que de déléguer complètement

En réalité, pour beaucoup, le maintien à domicile n’est pas un véritable choix, mais une solution par défaut, faute d’alternative rassurante. Mais sans soutien adapté, ce choix devient rapidement épuisant.

Quand l’épuisement s’installe : le cas de Robert et de son épouse

Robert est accompagné à distance par Écoute et Compagnie. Mais au quotidien, c’est son épouse, elle aussi âgée, qui le soutient. Elle vérifie sa sonde, dort à ses côtés malgré le bruit de l’oxygène, n’ose pas sortir de peur qu’il lui arrive quelque chose.

Elle s’épuise. Elle le sait, mais elle veut rester à ses côtés. Jusqu’au bout.

Robert est conscient, il voit sa femme s’épuiser, et se sent coupable et triste de devenir un poids. Il l’incite à se distraire un peu plus, à dormir dans une autre chambre mais ses mots ne suffisent pas. Dans ce contexte, les échanges téléphoniques réguliers avec son accompagnante d’Écoute et Compagnie apporte un moment unique à Robert qui peut parler de ses craintes. Il n’a pas peur de mourir, il ne supporte plus son déclin physique. Mais il a peur de la laisser. En parler lui fait du bien, sans alourdir la charge mentale de son épouse. C’est pour Robert un espace de parole, une écoute extérieure, un moment de répit émotionnel.

Pour en savoir plus sur les les bienfaits des appels de convivialité personnalisés d’ecoute et compagnie  

Quand l’aidant est lui-même très âgé : accompagner sans inquiéter

Odette a 91 ans. Elle vit seule depuis qu’Ernest, son mari du même âge, a intégré un EHPAD il y a un an. Atteint de la maladie d’Alzheimer, Ernest se dégrade peu à peu. Et Odette, chaque après-midi, prend le bus pour aller le rejoindre. Elle le fait boire, lui parle doucement à son oreille même lorsqu’il ne répond plus.

Ce n’est plus exactement son mari qu’elle retrouve, mais ce n’est pas encore un souvenir. Odette vit ce que l’on appelle un deuil blanc, lent, progressif, silencieux. Le deuil blanc désigne la peine vécue en cas d’absence d’une personne toujours en vie mais inaccessible, comme en cas de maladies telles qu’Alzheimer. Cette forme de deuil, souvent négligée par l’entourage, requiert pourtant reconnaissance et soutien appropriés. En savoir plus sur le deuil des séniors

Autour d’elle, sa famille est présente. Unie, attentive. Mais Odette ne dit pas tout à ses enfants. Elle garde ses inquiétudes, ses projections, ses angoisses pour elle.
C’est dans cet espace que sa dame de compagnie d’Écoute et Compagnie prend toute sa place.

Deux fois par semaine, Odette reçoit ses appels. Elle sait qu’elle pourra parler sans crainte d’alarmer, sans avoir besoin de “se montrer forte”. Elle partage ses souvenirs, ses doutes, ses questionnements sur demain. Sur l’après.

Ce lien régulier, confidentiel, rassurant, l’aide à tenir debout, là où la parole familiale est parfois trop chargée d’émotion ou de pudeur.

Écoute et Compagnie : une réponse humaine à un besoin oublié

Aujourd’hui, l’essentiel des solutions proposées aux personnes âgées dépendantes et aux aidants de tout âge sont principalement techniques ou administratives : aides à domicile, téléassistance, adaptation du logement, aide à la mobilité..

Mais l’accompagnement moral est souvent absent de ces dispositifs. Pourtant La dépression est une affection qui concerne près de 20% des personnes âgées, mais qui est souvent sous-diagnostiquée ou négligée.

C’est sur ce point qu’intervient Écoute et Compagnie :

  • Une écoute régulière, chaleureuse et confidentielle. Un véritable soutien moral !
  • Une accompagnante attitrée et joignable en cas de besoin, qui crée du lien au fil des semaines, rompt la solitude et veille au bien-être moral
  • Un relai bienveillant, un soutien complémentaire à celui des proches.

👉 Tester gratuitement le service

Ressources utiles pour les aidants de personnes âgées

Ressources utiles pour les aidants de personnes âgées

  • Agir pour les aidants (gouvernement)
    → Informations sur les droits, congé de proche aidant, solutions de répit, aides financières
    https://solidarites.gouv.fr/les-actions-de-letat-en-faveur-des-aidants
  • Association Française des Aidants
    → Formations gratuites en ligne, groupes de parole, sensibilisation à la santé mentale des aidants
  • Numéro national d’écoute pour les aidants
    → 📞 01 84 72 94 72 (appel Coût d’un appel local, anonyme, 7j/7 de 8h à 22h)
    Écoute, orientation, prévention de l’épuisement
  • Ecoute et Compagnie
    📞 02 55 99 59 62 (appel Coût d’un appel local) test gratuit

Conclusion : Ecoute et Compagnie : Accompagner ceux qui accompagnent

Les aidants de personnes âgées sont les piliers silencieux du maintien à domicile.
Ils assurent ce que ni les institutions ni les structures ne peuvent faire seules.
Mais à force de tout porter, sans reconnaissance ni soutien émotionnel, ils s’épuisent.

Il faut reconnaître leur rôle. Leur offrir des relais humains. Les aider à retrouver leur juste place.

C’est là que des solutions comme Écoute et Compagnie prennent tout leur sens.
Tant pour le sénior aidé, que pour l’aidant âgé.

  • L’aidé trouve une écoute neutre pour exprimer sans crainte ses préoccupations liées à sa perte d’autonomie.
  • L’aidant trouve auprès d’Ecoute et Compagnie une opportunité d’être au centre de la relation, écouté, soutenu et accompagné moralement.

C’est simple, par téléphone, sans avoir à se déplacer, éligible au crédit d’impôt et à partir de 36€ par mois pour être appelé chaque semaine !

  • Vous connaissez vous un aidant âgé ?
  • Est-il soutenu moralement ?

Testez gratuitement le service au 02 55 99 59 62,
2 conversations de 30 minutes offertes pour mesurer la pertinence du dispositif d’écoute et choisir de bénéficier d’appels de convivialité personnalisés chaque semaine.

FAQ – Comment aider un parent âgé qui accompagne un proche dépendant ?

Ma mère s’occupe de mon père malade, mais elle s’épuise. Que puis-je faire pour l’aider ?

C’est une situation très fréquente. Les conjoints âgés s’engagent à fond, sans se plaindre, mais l’épuisement moral et physique s’installe doucement. Vous pouvez l’aider en lui proposant des temps de répit, mais aussi en lui offrant un espace d’écoute personnalisé, comme le service téléphonique d’Écoute et Compagnie, qui permet à votre mère de parler librement, sans filtre ni jugement.

Mon père passe ses journées auprès de ma mère en EHPAD. Il ne lâche rien. Comment l’accompagner sans le brusquer ?

Les aidants âgés ont parfois du mal à accepter de l’aide. Ils veulent rester solides, présents, dignes. Une solution douce consiste à lui offrir un rendez-vous régulier par téléphone avec une dame de compagnie, pour parler, se confier, évacuer le trop-plein. C’est ce que propose Écoute et Compagnie : un accompagnement discret, simple d’accès, respectueux, humain.

Je sens que mon parent aidant se renferme, ne parle plus. Est-ce un signe d’alerte ?

Oui. Le repli sur soi, le silence, la perte d’intérêt pour les activités habituelles peuvent être des signes de surcharge émotionnelle ou de début d’épuisement moral. Il est important de créer des espaces de parole sécurisants. Les appels réguliers proposés par Écoute et Compagnie sont conçus pour cela. Rompre la solitude, égayer, apporter une écoute bienveillante.

Mon parent ne veut pas d’aide extérieure. Comment lui proposer un accompagnement sans le heurter ?

Vous pouvez lui présenter Écoute et Compagnie comme une présence conviviale, non intrusive. Ce n’est pas un service médical, ni un système d’alerte. C’est un moment de conversation hebdomadaire, avec une voix familière, bienveillante, qui n’impose rien mais permet d’exister autrement dans la relation.

Mon parent est aidant et lui-même très âgé. Existe-t-il un service qui lui est vraiment adapté ?

Oui. La plupart des dispositifs s’adressent aux aidants actifs ou jeunes retraités. Mais les aidants très âgés sont souvent oubliés. Le service d’Écoute et Compagnie leur est justement dédié : il s’adapte à leur rythme, leur fragilité, leur pudeur. C’est un accompagnement sur-mesure, par téléphone, sans pression, avec des personnes formées à l’écoute des seniors.

Puis-je offrir des appels de convivialités personnalisés à mon parent sans qu’il ait à tout gérer ?

Vous pouvez prendre en charge l’inscription et organiser les premiers échanges de test. Si le service convient, les appels sont ensuite planifiés de façon régulière, selon les disponibilités de votre parent. Il n’a rien à gérer. Juste décrocher et papoter, toujours avec le même interlocuteur pour un lien de qualité.

Je suis fatiguée de veiller sur ma mère âgée. Qui peut m’aider ?

Se sentir fatiguée quand on veille sur un parent âgé est normal. Cela ne signifie ni un manque d’amour, ni un manque d’engagement. Veiller sur une mère en perte d’autonomie demande une vigilance constante, une organisation permanente et une charge émotionnelle souvent invisible pour l’entourage.

Plusieurs formes d’aide existent, et elles sont complémentaires :

  • Les aides pratiques : aide à domicile, soins infirmiers, portage de repas, téléassistance. Elles permettent de soulager le quotidien, mais ne répondent pas toujours à la dimension émotionnelle.
  • Le soutien moral pour votre mère : une personne âgée en perte d’autonomie ressent souvent le poids qu’elle fait peser sur ses proches. Pouvoir parler à une personne extérieure, bienveillante, peut l’apaiser.
  • Le soutien pour vous, en tant qu’aidante : pouvoir déposer vos inquiétudes, votre fatigue, vos doutes, sans craindre de culpabiliser ou d’inquiéter.

C’est précisément sur ce point qu’intervient Écoute et Compagnie.
Le service propose des appels de convivialité personnalisés, par téléphone, avec une dame de compagnie formée à l’écoute des seniors. Votre mère bénéficie ainsi d’un espace de parole régulier, rassurant, qui allège la relation familiale. De votre côté, vous savez qu’elle n’est plus seule avec ses inquiétudes.

Se faire aider n’est pas abandonner.

C’est au contraire une manière de tenir dans la durée, de préserver votre santé et de continuer à accompagner votre mère avec justesse.

par Caroline Meuclet | Publié le 07/01/2026